Les expositions de chat Loof : une confirmation est-elle à prévoir ?

Alors que l’on parle de plus en plus de la suppression de la confirmation chez le chien, le monde du chat s’interroge sur la mise en place d’un tel examen. Gérard Destal, président de la Fédération pour la gestion du Livre Officiel des Origines Félines (LOOF) répond à nos questions.
La confirmation, tradition cynophile bien française, consiste à examiner à un âge déterminé un animal inscrit à un livre généalogique pour vérifier s’il correspond bien au standard de sa race et troquer son certificat de naissance initial contre un pedigree définitif. Pour des raisons diverses, cette procédure est de plus en plus remise en question. Parallèlement, le monde du chat s’interroge sur la mise en place d’un système de confirmation pour les futurs reproducteurs. Gérard Destal nous donne son point de vue sur le sujet.
Aniwa : Gérard Destal, parmi les nombreux chantiers du LOOF, la mise en place d’une confirmation pour les chats revient de plus en plus souvent. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Gérard Destal : C’est exact, la question se pose aujourd’hui d’instaurer une confirmation pour les chats de race. Depuis 9 mois maintenant que toutes les demandes de pedigrees sont traitées par le LOOF, nous nous rendons compte que certains chats n’ont jamais été vus. Nous réalisons actuellement des pedigrees sous la foi des inscriptions au livre généalogique des parents, sans avoir la moindre idée de ce à quoi ils ressemblent. Il nous faudrait faire un peu l’état des lieux de la population des chats de race en France, et la confirmation serait un plus.

Peut-on imaginer une confirmation sur le même modèle que celle pratiquée sur les races canines ?

Non, pas tout à fait et pour une raison simple. Quand il naît, un chien de race n’obtient pas un pedigree, mais un certificat de naissance sur lequel est rapportée sa généalogie. Son pedigree définitif ne lui est délivré que lorsqu’un expert a vérifié qu’il correspond bien au standard de la race à laquelle il appartient.
Nous ne souhaitons pas mettre en place ce système car un chat de race, issu de deux chats de race, a droit à son pedigree puisque sa généalogie n’est pas remise en question. En revanche, ce sont les géniteurs qu’il faut contrôler. La confirmation que nous aimerions mettre en place serait en fait une « autorisation de reproduire » qui ne remettrait pas en cause la généalogie, mais devrait limiter l’usage de reproducteurs hors standard.

Comment envisagez-vous techniquement la mise en place de cette « autorisation de reproduire »?

Plusieurs hypothèses sont à l’étude, mais on pourrait à l’occasion de certaines expositions définies au préalable, organiser des séances de confirmation en marge du concours. Ces séances pourraient être assurées par des juges agréés et suivre une procédure précise. Par exemple, pourquoi ne pas mettre au point une grille de jugement qui serait remplie par trois juges différents lors de la séance et dont la moyenne des points attribués serait retenue. Ce n’est qu’une piste, mais nous devons être les plus justes possible. Il est important de rappeler que dans le cadre d’une confirmation, le chat ne doit pas être jugé par rapport aux autres concurrents mais seulement par rapport au standard et que l’aspect pénalisant doit être mis sur les défauts qui risquent d’être transmis dans la descendance.

Envisagez-vous d’autres moyens de contrôle de la sélection ?

Oui, car il est difficile de juger sur la seule apparence physique la transmission de certaines tares et maladies. Mais nous pourrions mettre en place des classes de reproducteurs d’élite où les géniteurs seraient classés non seulement sur leurs résultas en expo, mais aussi sur ceux de leur descendance. On pourrait aussi imaginer que pour obtenir cette classification, les reproducteurs fournissent des documents les déclarant indemnes de certaines maladies héréditaires comme la PKD ou l’atrophie rétinienne progressive. Nous travaillons dans ce sens, ainsi que dans celui d’une meilleure transparence de la filiation avec des contrôles ADN. Les tests ADN seront d’ailleurs indispensables quand la pratique de l’insémination artificielle se généralisera. Mais ceci est une autre histoire.

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