Réforme de l’élevage de cobayes et de chiens

 Que ce soit par téléphone, par courrier électronique ou par fax, les « petits » éleveurs réagissent en ayant la désagréable impression d’avoir « été floués » dans un débat entre eux et le ministère… un débat qui n’a pas eu lieu.


 Notre point de vue

A la lecture de cette pétition, nous n’épouserons pas la requête N°1 « abrogeant la possibilité pour tout chien né avec un pedigree de donner naissance automatiquement, au titre de la descendance, sans aucun examen de sélection à des produits inscrits au livre généalogique ». Cette demande revient à maintenir l’examen de confirmation, lequel doit être abrogé.
En effet, le LOF est largement minoritaire sur le marché du chien dit « de race ou d’apparence de race ». Si demain, sur un marché estimé de 800 000 à 900 000 transactions annuelles, le LOF – qui a l’exclusivité de l’appellation chien de race – passe de 160 000 à 300 000 inscriptions annuelles, nous aurons alors tout loisir de faire une sélection de masse. Actuellement, tant que l’examen de confirmation est la règle, que faisons-nous à part nous contenter d’assurer le renouvellement des générations avec une minorité de sujets confirmés (plus précisément, 30 à 50% des sujets confirmés qui reproduisent effectivement) ? Dans plusieurs races, la réduction du pool génétique et la disparition de nombreuses lignées inquiètent les éleveurs et les juges sérieux. Soit, la lutte contre les malformations (DH, ED, etc.) a fait de sérieux progrès au cours des vingt dernières années mais rien n’empêche tout éleveur impliqué de continuer à en tenir compte lorsqu’il s’agit de choisir un étalon.
Nous pensons que tout éleveur sérieux, qu’il fasse naître 2 ou 40 portées dans l’année, continuera de travailler comme auparavant : il n’utilisera plus des sujets confirmés, certes, mais des sujets ayant passé le fameux examen de certification afin que tous les chiots nés dans son élevage puissent porter son affixe. Si ses reproducteurs passaient les différents examens, il n’y a aucune raison pour qu’il cesse ses habitudes. En revanche, nous allons nous diriger vers un marché « à l’américaine » où il y aura une fourchette de prix au sein d’une même race : un chiot juste inscrit issu de deux géniteurs « avec pedigree » n’aura pas le même prix de vente qu’un chiot issu de géniteurs recommandés par l’association de race.
Il appartiendra aux responsables de la cynophilie d’améliorer leur communication sur le sujet afin de permettre aux futurs acquéreurs de bien appréhender les différences de prix d’une portée à l’autre et d’apprécier le niveau de sélection des géniteurs. Ce point demandera beaucoup d’efforts quand on voit, dans la pratique, ce qui se passe pour les portées « cotées ».
Pour le point 3 : le titre de Reproducteur Certifié sera normalement géré par les associations de races en accord avec la commission zootechnique de la Société centrale canine.

Pour le point 5 : le choix d’un assouplissement concernant le nombre de portées risque, dans l’état actuel de nos informations, d’être caduque. L’équipe chargée de « pondre » le texte du projet avait une alternative pour quantifier qui est éleveur et qui ne l’est pas : le nombre de portées (2 en l’occurrence) ou le nombre de chiots effectivement produits dans l’année (ce qui aurait été un choix plus judicieux).
Les exemples abondent : prenons le cas d’un passionné qui fait trois portées dans l’année. Manque de chance, à chaque fois, il n’y a qu’un seul chiot de viable, qui sera cédé au-delà de ses huit semaines.
Un de ses confrères, plus chanceux, est considéré comme un particulier, puisqu’il n’a fait, au cours de l’année, qu’une seule portée. Coup de chance, sa femelle a mis bas 6 chiots sains, costauds et qui ont tous quitté l’élevage à l’âge de 9/10 semaines.

Dans le 1er cas, il s’agit bien d’un éleveur (d’après les textes en vigueur) qui n’aura fait naître que trois chiots dans l’année.
Dans le 2e cas, il s’agit d’un particulier (toujours selon les nouvelles règles) qui aura fait naître 6 chiots, soit deux fois plus que son confrère… éleveur.
Dans d’autres pays (USA, Suisse…) c’est bien le nombre réel de chiots qui est pris en compte et non pas le nombre de portées qui ne signifie plus grand chose.

Pour le point 6 : nous sommes tout à fait d’accord : les investissements que de nombreux éleveurs devront réaliser ne pourront jamais être amortis SI la structure de leur élevage n’excède pas deux portées par an…

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